Libérer son entreprise et ses équipes : bonne ou mauvaise idée ?

Entreprise libérée, manager agile, entreprise opale, différents noms pour finalement illustrer un nouveau mode d’organisation des entreprises. En tant que managers ou leaders, nous pouvons être tentés de mettre en place ces nouvelles organisations. Cependant, cela représente un investissement d’énergie sans en connaitre les tenants et les aboutissants. Il est donc essentiel de savoir si la mise en place de ces nouvelles structures est une bonne ou une mauvaise idée.

Nous aurions pu peser le pour et le contre afin de savoir si libérer son entreprise ou ses équipes est une bonne ou une mauvaise idée. Nous avons privilégié une démarche historique, nous expliquant les besoins du 20e siècle, les changements et les attentes actuelles : cela nous apporte un éclairage implacable. Ainsi, pourrons-nous décider de la meilleure organisation à mettre en place.

Le taylorisme, un modèle dépassé

Lorsque le taylorisme est né dans les années 1880, la plupart des personnes travaillaient dans des microentreprises. L’artisanat était la norme et les équipes dépassaient rarement cinq personnes. Beaucoup étaient des patrons indépendants.

Ainsi, lorsque naquirent les entreprises telle Ford, il a fallu inventer une organisation de travail. Personne ne l’avait fait avant. L’objectif était de produire en grande quantité des produits standardisés. La manière de produire devait donc être à chaque fois identique. Il était donc possible de découper le processus de fabrication en de nombreuses petites tâches. Chacun en réalisait une. Le contrôle était fortement en place pour s’assurer du respect des procédures.

En 2018, le bilan est sans appel. L’institut Gallup va bientôt publier une nouvelle étude. En France, moins de 10 % des employés sont activement engagés dans leur travail. Ainsi, le taylorisme, inventé pour les besoins du début du 20e siècle, ne motive plus les foules. Il devient donc essentiel de se réinventer.

Le monde change

Les mutations du monde sont multiples. Nous ne sommes donc plus dans un monde d’abondance, avec une technologie mécanique où il faut produire en masse pour un petit prix en faisant toujours progresser le produit et les moyens de produire et où le contrôle est omniprésent pour garantir cette standardisation.

Désormais, nos ressources se font plus rares. Nous bénéficions d’une technologie numérique et nous souhaitons acheter moins, mais mieux et être plus heureux. Le contrôle disparait progressivement pour laisser place à des organisations en réseau.

Les enjeux sont différents. Nous ne vendons plus simplement un produit. Désormais, nous vendons un package global : le produit physique + les services + la formation + l’information + l’image + la relation. En effet, nous sommes dans l’ère où nous devons produire en quantité en nous adaptant à chaque client. Nous ne sommes plus dans le standard, mais cherchons à répondre à la problématique précise de chaque client.

S’adapter est la nouvelle norme

Ainsi, l’adaptation est la nouvelle norme. Pas étonnant que le taylorisme, où l’adaptation est l’ennemi, ne motive plus les troupes. Il faut donc trouver de nouvelles organisations permettant d’être au plus proche des clients, pour s’adapter au mieux et rapidement à ses exigences. Le temps de la célèbre déclaration de Henry Ford est révolu : « Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir ». Désormais, même notre canette de Coca-Cola doit porter notre nom.

De ce fait, au lieu de laisser la liberté d’action uniquement aux membres du comité de direction, qui sont loin des clients, il faut la laisser à tous les collaborateurs. Et plus ils sont proches du client, plus ils jouent un rôle clé. Ainsi, pourront-elles réagir rapidement en décidant de l’action la plus appropriée afin de répondre aux besoins du client après l’avoir écouté, sans perdre de temps à faire remonter l’information et à attendre qu’elle redescende. De cette manière, chaque spécificité de chaque client pourra être satisfaite.

Les principes des nouvelles organisations

Dans cette logique, il nous faut définir les nouvelles organisations nécessaires. Pour permettre aux équipes de répondre aux besoins des clients, il faut leur laisser la liberté de décider de l’action la plus adaptée à mettre en place.

Ensuite, plus les équipes seront proches des clients, plus elles seront en mesure de comprendre et de répondre à leurs besoins. Ainsi, doit-on privilégier de petits groupes opérationnels afin de favoriser la proximité avec le client.

De plus, ces petits groupes doivent être autonomes. Ils doivent être capables de décider, mais aussi de s’organiser et de mettre en place toutes les actions nécessaires à la satisfaction des clients sans avoir besoin d’en référer constamment à une autre personne afin de gagner en réactivité ; et sans que le besoin du client ne soit oublié dans une pile de dossiers.

Enfin, pour que les équipes aillent dans la bonne direction, elles devront recevoir toute la formation et l’information disponible pour avoir tout le sens nécessaire.

Libérer son entreprise est la réponse

Nous venons de décrire l’organisation nécessaire dans le monde actuel.

Il s’agit bien du fonctionnement de l’entreprise libérée ou de l’entreprise agile. Ainsi, libérer son entreprise n’est finalement ni une bonne ni une mauvaise idée. C’est simplement la réponse à un monde qui change et où l’organisation tayloriste du 20e siècle ne fonctionne plus. C’est en quelque sorte un chemin obligatoire.

Les bienfaits de la libération sont incontestables. Isaac Getz, considère que dans une entreprise libérée, 70 % des employés sont impliqués. C’est donc 8 fois plus que le taux actuel en France. Nous commençons d’ailleurs à nous préoccuper de leur bonheur. L’avenir des organisations des entreprises semble tout tracé.

Note : cet article invité a été écrit par Julien Godefroy du blog : Réussir Son Management.
Pour recevoir gratuitement son guide « Comment rendre nos équipes plus heureuses, motivées et efficaces ? », rendez-vous sur son blog.

Livres conseillés :

  • Liberté & Cie. Isaac Getz et Brian M. Carney.
  • Reinventing Organizations. Frédérick Laloux.
  • Le manager agile. Jérôme Barrand.

Crédit photo : Pixabay

Publié le 30 janvier 2018 par L’équipe Inspirations - 0 commentaire

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