
Le stress au travail n’est plus un sujet secondaire
En France, 44 % des salariés se disent en situation de stress régulier (Baromètre Empreinte Humaine 2024). Parmi les fonctions les plus exposées : les managers. Pression des résultats, responsabilités transverses, priorités qui s’accumulent, attentes parfois contradictoires… Le management est devenu un exercice d’équilibriste permanent.
Et pourtant, peu de managers sont véritablement outillés pour faire face à cette pression. Encore moins pour accompagner leurs équipes dans la régulation du stress au quotidien. Former les managers à gérer le stress n’est pas un “plus” mais bien un investissement essentiel dans la santé mentale collective et la performance durable de l’organisation.
Le stress n’est pas toujours un ennemi. Il peut, à petite dose, stimuler, mobiliser, aider à réagir dans l’urgence. C’est le stress aigu, ponctuel, lié à un pic de tension.
Mais lorsqu’il s’installe dans la durée, il devient chronique : fatigue persistante, irritabilité, baisse de concentration, erreurs à répétition, perte de motivation… Ce sont autant de signaux d’alerte souvent banalisés, voire ignorés, surtout par les managers qui veulent “tenir bon”.
Prenons un exemple simple : un manager à qui l’on demande d’être à la fois innovant et conforme aux procédures, rapide mais rigoureux, disponible tout en étant stratège… Résultat : il entre dans une zone de stress cognitif, où les contradictions nuisent à la clarté, à l’efficacité et à l’énergie mentale.
→ Se former à la gestion du stress, c’est apprendre à identifier ces tensions invisibles, à lire les signaux faibles, chez soi comme chez ses collaborateurs, et à y répondre avant qu’ils ne se transforment en épuisement.
Exprimer ses émotions au travail est une des clés mais reste un défi. Selon une étude IFOP (2023), 1 manager sur 2 reconnaît avoir des difficultés à verbaliser ce qu’il ressent dans le cadre professionnel. Pourtant, dans des contextes de pression, de transformation ou de conflit, savoir nommer, comprendre et canaliser ses émotions devient une compétence essentielle.
Se former à la gestion du stress, c’est d’abord apprendre à mieux se connaître : identifier ses déclencheurs de stress, renforcer sa confiance en soi, travailler sur la régulation émotionnelle, poser des limites avec assertivité.
C’est aussi ajuster sa posture managériale : écoute active, gestion des tensions, soutien individualisé selon les situations et les personnalités.
À défaut, certains comportements à risque peuvent s’installer : fuite, agressivité, sur-contrôle… autant de mécanismes de défense qui altèrent la relation avec les équipes.
Un manager formé à la gestion émotionnelle apprend à distinguer une critique professionnelle d’une attaque personnelle. Résultat : plus de recul, moins de défensivité, et une communication apaisée, même en contexte tendu.
→ La formation à la gestion des émotions donne des outils pour ajuster sa communication et garder la tête froide, même en situation tendue.
Le stress, ça se propage vite. Et le stress managérial est hautement contagieux.
Un manager anxieux, constamment sur-sollicité ou débordé crée un climat d’incertitude. Ses collaborateurs finissent par intégrer cette pression comme norme, ce qui génère à son tour désengagement, démotivation, voire désorganisation
À l’inverse, un manager formé à la gestion du stress joue un rôle stabilisateur. Il sécure l’équipe, soutient individuellement sans s’épuiser, et insuffle une dynamique constructive, même quand la charge ou les enjeux sont élevés.
Concrètement, cela passe par l’intégration de bonnes pratiques au quotidien :
Un bon management diminue le turnover de 25 % en moyenne (source : Gallup, 2022).
→ Un management apaisé est un levier de performance durable
Avant d’agir, encore faut-il comprendre ce qui nous stresse.
Un bon parcours de formation à la gestion du stress commence souvent par un bilan personnel : surcharge de travail, manque de reconnaissance, flou des priorités, sollicitations constantes, tensions relationnelles… Chacun a ses déclencheurs. Les identifier, c’est déjà reprendre la main.
Vient ensuite le temps des outils concrets, testés et appropriés pendant la formation. Parmi eux :

Ces outils sont souvent intégrés à des mises en situation concrètes : entretien difficile à gérer, surcharge imprévue, tensions dans l’équipe… Autant de cas pratiques pour s’entraîner, tester des postures et ancrer de nouveaux réflexes.
→ Le stress ne disparaît pas… mais il devient gérable. Et cela change tout. On repart avec un kit concret pour gérer les tensions, les pics de charge, les situations de crise.
Longtemps considérée comme une affaire personnelle, la gestion du stress est aujourd’hui reconnue comme une compétence managériale à part entière.
Selon une étude publiée dans Harvard Business Review, les leaders capables de réguler leur stress sont 60 % plus efficaces dans la conduite d’équipes en transformation.
Et pour cause : un manager qui garde la tête froide, même dans l’incertitude, sait décider sans précipitation, écouter sans se braquer, arbitrer sans s’effondrer. Autant de qualités recherchées dans des environnements mouvants, exigeants, ou en pleine mutation.
L’enjeu, c’est de dédramatiser le sujet : on n’apprend pas à gérer son stress “parce qu’on est fragile”, mais parce que c’est un réflexe pro, tout comme apprendre à gérer un projet ou à animer une réunion.
Dans certaines entreprises — Orange, L’Oréal, SNCF ou EDF — la gestion du stress fait désormais partie intégrante des parcours de formation managériaux. C’est perçu comme un marqueur de maturité, apprécié à la fois par les équipes (qui se sentent mieux accompagnées) et par la direction (qui y voit un gage de stabilité et de performance).
→ Gérer son stress, c’est mieux gérer les autres. Et mieux se gérer soi-même.
Former les managers à la gestion du stress, ce n’est pas un luxe. C’est un choix stratégique pour construire des équipes plus stables, engagées et performantes.
Un manager mieux préparé face à la pression est capable de mieux décider, mieux accompagner, mieux incarner son rôle. Et son équipe le ressent immédiatement.
→ C’est aussi un signal fort envoyé par l’entreprise :
“On vous fait confiance, et on vous donne les moyens de tenir dans la durée.”